
Migration de patrimoine depuis le Royaume-Uni : tendances de relocalisation des milliardaires et des personnes fortunées en 2025
12 février, 2026Nous avons analysé les données officielles du gouvernement britannique ainsi que les rapports réglementaires internationaux afin de comprendre comment les récentes réformes fiscales incitent les personnes fortunées à quitter le Royaume-Uni. L’objectif était d’identifier les causes principales, les destinations privilégiées et les conséquences à long terme pour la gestion de patrimoine internationale.
L’étude répond à trois questions fondamentales : quels facteurs poussent les personnes fortunées à quitter le Royaume-Uni, quelles juridictions les attirent et de quelle manière ces déplacements redéfinissent le paysage international de la résidence et de la citoyenneté.
L’étude s’appuie sur des données vérifiées de HMRC, de l’Office for National Statistics et d’organismes internationaux de surveillance financière, garantissant que l’ensemble des conclusions reflète les informations les plus récentes et les plus fiables disponibles en 2025. L’analyse se concentre sur la relation de cause à effet entre les réformes majeures de la politique fiscale britannique et le départ des résidents fortunés.
Résumé exécutif
Le paysage de la gestion de patrimoine au Royaume-Uni évolue rapidement, porté par les réformes fiscales les plus importantes depuis une génération[1][2][3]. La décision du gouvernement d’abolir le régime fiscal historique des non-domiciliés (« non-dom »), à compter du 6 avril 2025, est le principal facteur d’un exode potentiel de personnes fortunées[1][2][3].
Le nombre de contribuables sous le statut non-dom est déjà en baisse. Bien que les statistiques officielles ne segmentent pas les migrants selon leur patrimoine, des indicateurs indirects mettent en évidence une tendance claire. Le nombre de contribuables non domiciliés était estimé à 73 700 au cours de l’année fiscale se terminant en 2024, ayant déjà légèrement diminué avant l’entrée en vigueur des réformes[4].
L’émigration à long terme depuis le Royaume-Uni a augmenté de 11 %, atteignant un chiffre provisoire de 517 000 au cours de l’année se terminant en décembre 2024[5]. Bien que cela inclue divers groupes de migrants, cela traduit une pression à la hausse des départs.
Les modifications de la politique fiscale constituent les principaux facteurs de répulsion. Le déclencheur clé est la fin de l’imposition sur la base des remises de fonds (remittance basis). Elle sera remplacée par un régime de quatre ans pour les nouveaux arrivants et par une imposition mondiale standard pour les résidents de longue durée[1][2][3]. À cela s'ajoute une refonte prévue de l’impôt sur les successions (IHT), qui passera d’un système basé sur le domicile à un système fondé sur la durée de résidence au Royaume-Uni[2][3].
Ces changements visent à accroître l’« équité » fiscale, mais sont perçus par de nombreuses personnes fortunées comme une détérioration marquée de l’attractivité fiscale du Royaume-Uni[2]. Les déclencheurs secondaires incluent la fermeture du visa investisseur de niveau 1 (Tier 1 Investor Visa) en février 2022 et le renforcement des exigences de transparence[6].
Pour les investisseurs et les family offices, la conséquence immédiate est la nécessité urgente de réévaluer le statut de résidence au Royaume-Uni et les structures patrimoniales mondiales. Des dispositions transitoires, telles qu’un taux d’imposition temporaire de 12 % pour le rapatriement des revenus et gains étrangers historiques, offrent une courte fenêtre pour restructurer ses actifs. Cependant, la tendance globale s’oriente vers la relocalisation pour de nombreux résidents de longue durée.
Ce facteur de répulsion britannique crée une forte attraction vers les juridictions offrant une plus grande stabilité fiscale et des incitations favorables aux investisseurs, redéfinissant en profondeur le paysage concurrentiel pour les spécialistes de la résidence et de la citoyenneté à l’échelle mondiale.
L’exode des fortunes du Royaume-Uni comme événement de marché
L’exode des capitaux depuis le Royaume-Uni représente un événement structurel majeur pour le marché, marquant un tournant fondamental par rapport à sa position historique de refuge pour les capitaux internationaux mobiles. Il ne s’agit pas d’un pic temporaire, mais de l’aboutissement d’une tendance de long terme observée de 2014 à 2025.
Ce changement structurel s’inscrit dans un contexte géopolitique plus large de durcissement des normes fiscales et de conformité. Des initiatives de l’OCDE, telles que la Norme commune de déclaration et le développement du Cadre de déclaration des crypto-actifs, ont systématiquement réduit le secret bancaire mondial[8].

Les statistiques officielles de HMRC montrent une diminution significative de la population de contribuables non-domiciliés, passant d’un sommet de 121 300 au cours de l’année fiscale 2014/15 à une population combinée de non-dom et réputés domiciliés (deemed-dom) d’environ 83 000 au cours de l’année fiscale se terminant en 2024[7]. Cela précède l’abolition définitive du régime en 2025, indiquant un érosion continue de l’attractivité du Royaume-Uni au cours de la dernière décennie
Parallèlement, le nouveau paquet législatif de l’Union européenne sur la lutte contre le blanchiment d’argent, intégrant un ensemble de règles uniques et une nouvelle autorité de surveillance (AMLA), instaure un environnement réglementaire plus strict et harmonisé à l’échelle du bloc[9].
Les modifications des politiques britanniques, axées sur l’« équité » et la modernisation, s’inscrivent dans cette dynamique mondiale[2]. Cela crée un puissant effet d’entraînement. Le Royaume-Uni exerce une pression importante incitant au départ en raison des contraintes réglementaires et fiscales, notamment l’abolition du régime non-dom et la transition vers un système d’impôt sur les successions fondé sur la résidence[2][3].
Cette incitation au départ est renforcée par l’attrait fiscal des juridictions à faible imposition. Des pays comme les Émirats arabes unis et Monaco proposent une imposition nulle sur le revenu des personnes physiques, tandis que d’autres, comme l’Italie et la Grèce, ont mis en place des régimes fiscaux forfaitaires attractifs pour les nouveaux résidents[10][11].

Robert Outerbridge,
Expert en migration d’investissement
Le démantèlement délibéré par le Royaume-Uni de sa principale incitation fiscale pour les personnes fortunées, combiné à l’attrait des pôles concurrents, a redéfini le marché de la migration de patrimoine, transformant une tendance progressive en un événement structurel décisif.
Paysage des destinations et segmentation
Les destinations qui suscite l’intérêt des personnes fortunées basées au Royaume-Uni se répartissent en trois groupes stratégiques, selon la motivation des investisseurs.
Groupes stratégiques pour les personnes fortunées basées au Royaume-Uni
Cette segmentation met en évidence une divergence claire de stratégie. Les pôles d’optimisation fiscale rivalisent sur la simplicité d’une charge fiscale quasi nulle. Les options européennes offrent un ensemble associant qualité de vie, liberté de circulation au sein du bloc et régimes fiscaux prévisibles sur une durée définie. Les États des Caraïbes proposent quant à certains un atout de mobilité distinct : un deuxième passeport à valeur patrimoniale
Pôles d’optimisation fiscale
Ces juridictions sont sélectionnées pour leur environnement fiscal très avantageux. Elles offrent généralement :
- une absence ou un niveau très faible d’impôt sur le revenu des personnes physiques ;
- l’absence d’impôt sur les gains en capital ;
- l’absence d’impôt sur la fortune.
La motivation principale réside dans l’efficacité fiscale et la préservation du patrimoine à long terme.
Options de relocalisation dans l’UE
Ce groupe comprend des États membres de l’Union européenne offrant :
- des droits de résidence dans l’UE, incluant la liberté de circulation et d’établissement ;
- des programmes de résidence par investissement ;
- des régimes fiscaux particuliers pour les nouveaux résidents.
Les investisseurs appartenant à ce groupe recherchent un équilibre entre qualité de vie, accès à l’UE et avantages fiscaux. Toutefois, les autorités fiscales accordent une attention accrue au lieu où se situe la vie réelle d’une personne : le temps passé dans chaque pays, le décompte des jours et les liens effectifs (foyer, famille, activité professionnelle), et pas seulement le fait de détenir un permis de séjour.
Mobilité internationale et protection des actifs
Ce groupe rassemble des pays proposant des programmes de citoyenneté par investissement. Ces destinations attirent les investisseurs qui souhaitent :
- obtenir un deuxième passeport pour voyager sans visa ;
- diversifier leur portefeuille de nationalités afin de se préserver des risques géopolitiques ;
- soutenir leurs stratégies bancaires et commerciales internationales.

Architecture réglementaire et fiscale des principales destinations
L’attractivité de chaque groupe de destinations est définie par son architecture réglementaire et fiscale spécifique.
Pour les personnes fortunées quittant le Royaume-Uni, la décision repose sur une analyse complexe intégrant les exigences de résidence, les obligations fiscales et le cadre de conformité à long terme.
Architecture fiscale comparée des principales destinations pour personnes fortunées
Le tableau met en évidence un arbitrage clair. Les Émirats arabes unis et Monaco offrent la proposition la plus simple et la plus directe sur les taux d’imposition affichés, mais les destinations européennes apportent l’avantage majeur de la liberté de circulation et d’établissement au sein du bloc. La Suisse propose un statut fiscal négocié unique, mais assorti de la complexité des variations cantonales et d’un impôt sur la fortune. Les États des Caraïbes offrent quant à eux un produit fondé sur la mobilité internationale et la diversification du patrimoine grâce à une deuxième citoyenneté
Évolutions des politiques du Royaume-Uni et déclencheurs comportementaux
Une série de changements de politique délibérés au Royaume-Uni a servi de puissants déclencheurs comportementaux pour la migration de patrimoine, culminant avec les réformes historiques de 2025[3][24].
Le déclencheur le plus important est l’annonce par le gouvernement, lors du budget du printemps 2024, de l’abolition du régime de l’imposition sur la base des remises (remittance basis) pour les personnes non domiciliées au Royaume-Uni à compter du 6 avril 2025[24]. Cette mesure remplace un régime plurisculaire par un nouveau régime temporaire de quatre ans sur les revenus et gains à l’étranger (Foreign Income and Gains, FIG) pour les nouveaux arrivants, après quoi ils sont imposés sur leur revenu mondial[3].
L’annonce a créé un décalage d’un an, suscitant une vague de planification stratégique et de restructuration au sein de la population concernée. Ce déclencheur principal a été renforcé par l’annonce simultanée de projets visant à faire évoluer l’impôt sur les successions vers un système fondé sur la résidence, soumettant les résidents de longue durée à l’impôt sur les successions sur l’ensemble de leurs actifs mondiaux après 10 ans de résidence au Royaume-Uni[3].
Dans la planification successorale au Royaume-Uni, les trusts établis avant avril 2025 sont de plus en plus traités comme une frontière juridique ferme entraînant des conséquences distinctes, plutôt que comme une structure pouvant être ajustée librement ultérieurement.
Les réformes majeures ont été précédées par d’importants déclencheurs secondaires. La fermeture du visa investisseur de niveau 1 (Tier 1 Investor Visa) en février 2022 a brutalement coupé la principale voie d’immigration pour les investisseurs passifs, signalant un changement d’attitude du Royaume-Uni à l’égard de l’attraction de capitaux[6]. De plus, la mise en place du registre des entités étrangères en août 2022, qui a rendu obligatoire la divulgation des bénéficiaires effectifs de biens immobiliers au Royaume-Uni, a accru la charge de conformité et réduit la confidentialité[26].
Un déclencheur préalable et fondamental a été la mise en œuvre, en avril 2017, des règles de « domicile réputé » (deemed domicile), qui ont mis fin au statut de non-dom permanent pour les résidents de longue durée — 15 des 20 dernières années — et a été immédiatement suivie d’une reclassification marquée et d’une baisse du nombre de non-doms dans les statistiques officielles de HMRC[27][28].
L’effet combiné de ces politiques a été de démanteler progressivement le cadre fiscal et juridique qui rendait le Royaume-Uni attractif pour les personnes fortunées internationales mobiles, déclenchant directement les sorties observées et anticipées.
Environnement de conformité, de risques et d'opportunités
Le paysage mondial de la gestion de fortune est redéfini par un renforcement simultané des normes de conformité et de transparence, créant à la fois des risques et des opportunités pour les personnes fortunées en cours de relocalisation et pour leurs conseillers. Les organismes internationaux établissent un environnement réglementaire plus strict et uniforme.
Groupe d’action financière — GAFI
À la fin de l’année 2025, le paysage de la conformité du GAFI présente des disparités notables. Une évolution majeure concerne le placement de Monaco sur la « liste grise » du GAFI en juin 2024, signifiant qu’il fait l’objet d’une surveillance accrue afin de remédier aux lacunes de son dispositif de lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme[29].
En revanche, les Émirats arabes unis ont été retirés de cette même liste en février 2024 après avoir accompli des progrès significatifs[30]. Des juridictions clés comme la Suisse, l’Italie, le Portugal, la Grèce, la Hongrie et les principaux États caribéens proposant la citoyenneté par investissement ne figurent pas sur les listes publiques « grises » ou « noires » du GAFI[31].
Paquet législatif de l’UE sur la lutte contre le blanchiment d’argent
En 2024, l’UE a finalisé un paquet législatif majeur sur la lutte contre le blanchiment d’argent, établissant un règlement unique directement applicable dans l’ensemble de l’Union ainsi qu’un nouvel organe de surveillance basé à Francfort, l’Autorité de lutte contre le blanchiment d’argent (AMLA)[9][32].
À mesure que la nouvelle Autorité de lutte contre le blanchiment d’argent entre en fonction, les normes d’application dans les pays de l’UE deviennent plus uniformes. Cela réduit l’intérêt des juridictions européennes réputées « plus souples » pour quiconque rechercherait une approche plus légère en matière de conformité.
Transparence fiscale de l’OCDE
La Norme commune de déclaration de l’OCDE a mis fin au secret bancaire à des fins fiscales, et le futur Cadre de déclaration des crypto-actifs étendra cette transparence aux actifs numériques[8].
Limites des données et opportunités stratégiques
Le durcissement de l’environnement de conformité génère à la fois des défis et des opportunités. L’écart important de données entre l’acquisition d’un nouveau permis de séjour et la relocalisation formelle du domicile fiscal de la personne demeure un défi majeur pour l’analyse.
Les statistiques officielles sur les destinations finales des émigrants du Royaume-Uni ne sont pas aisément accessibles, ce qui rend difficile la quantification précise des flux et contraint à s’appuyer sur des données indirectes[33].
Cependant, cet environnement crée également des opportunités. La concurrence accrue entre les centres à faible fiscalité pour attirer les capitaux et les talents entraîne la création de programmes d’incitation nouveaux et perfectionnés.

Robert Outerbridge,
Expert en migration d’investissement
Pour les spécialistes de la migration d’investissement, il s’agit d’une occasion d’évoluer au-delà de la simple présentation de programmes pour s’imposer comme des conseillers stratégiques incontournables, accompagnant les clients à travers un paysage pluri-juridictionnel complexe de risques et d’opportunités.
C’est la démarche que nous appliquons chez Immigrant Invest : avant de proposer toute solution, nous étudions attentivement le profil et la situation de chaque client.
Implications stratégiques pour les acteurs du marché
Les changements structurels du paysage fiscal du Royaume-Uni exigent un repositionnement fondamental pour les acteurs du marché accompagnant les personnes fortunées. Le succès dépend désormais du passage d’un modèle de vente transactionnel à un rôle de conseil stratégique à long terme.
Repositionnement vers une stratégie globale de relocalisation fiscale
L’époque où il suffisait de promouvoir un Visa Doré ou un programme de citoyenneté est révolue[3]. La complexité du nouveau système britannique fondé sur la résidence, avec ses incitations temporaires et ses conséquences fiscales à long terme, nécessite une transition vers un « conseil global en relocalisation fiscale »[3].
Le rôle du conseiller doit évoluer vers celui de chef de projet stratégique, accompagnant l’ensemble du parcours fiscal pluriannuel du client. Cela inclut la planification de la transition vers les règles fiscales ordinaires du Royaume-Uni après le régime FIG initial de quatre ans et la gestion du seuil des 10 ans déclenchant l’assujettissement à l’impôt sur les successions sur le patrimoine mondial[3].
En résumé, les conseillers élaborent désormais des plans étape par étape qui priorisent le moment où une personne cesse d’être résidente fiscale au Royaume-Uni et celui où elle devient résidente fiscale ailleurs, plutôt que de commencer par l’obtention immédiate d’un visa.
Les entreprises renoncent aux promesses de « zéro impôt » pour s’orienter vers une communication axée sur des régimes fiscaux stables, prévisibles et régis par des règles claires, afin de rester en conformité avec les exigences de publicité et de protection des consommateurs.
Communication : cadrage problème-solution
La communication doit s’appuyer sur les faits officiels de la nouvelle politique britannique afin de renforcer la crédibilité[3]. Les thèmes clés doivent être présentés sous forme de solutions aux problèmes des clients :
- Complexité fiscale. Solution : présenter le nouveau régime FIG de 4 ans comme une « exonération fiscale claire de quatre ans sur l’ensemble des revenus et gains à l’étranger pour les nouveaux résidents », en soulignant la simplicité et la prévisibilité[3].
- Incertitude successorale. Solution : aborder de manière proactive les nouvelles règles de l’impôt sur les successions en conseillant de « planifier à l’avance l’impôt sur les successions au Royaume-Uni, qui s’appliquera à l’ensemble de vos actifs mondiaux après 10 ans de résidence »[3]. Un point essentiel est que « les structures de trust existantes détenant des actifs hors du Royaume-Uni établies avant avril 2025 conservent leur statut protégé contre l’impôt sur les successions »[3].
- Opportunités manquées. Solution : susciter un sentiment d’urgence pour les non-doms actuels en mettant en avant les règles transitoires à durée limitée, telles que le dispositif de rapatriement temporaire à 12 %[34].

Robert Outerbridge,
Expert en migration d’investissement
À court terme, les personnes fortunées se concentrent sur la restructuration et l'utilisation de mesures transitoires telles que le dispositif temporaire de rapatriement à 12 %. Les cabinets de conseil font état d'une hausse des demandes concernant les programmes de résidence et de citoyenneté dans l'UE durant cette période d'ajustement.
À long terme, toutefois, le passage à un système d'impôt sur le revenu et sur les successions fondé sur la résidence modifiera de façon permanente la position concurrentielle du Royaume-Uni. Sur une période de dix ans, cela devrait réduire la prédominance de Londres en tant que pôle de gestion de fortune privée et renforcer des centres émergents tels que Dubaï et Lisbonne.
Méthodologie et sources
Le principe fondamental de cette étude repose sur l’utilisation exclusive de statistiques officielles et réplicables. Toutes les données provenant de prestataires privés et de listes établies par les médias sont explicitement exclues de l’analyse[35].
L’indicateur de référence principal pour les personnes fortunées correspond à la définition officielle utilisée par HM Revenue & Customs pour désigner une « personne fortunée » (wealthy individual) : toute personne disposant d’un revenu de 200 000 £ ou plus, ou d’un patrimoine de 2 millions £ ou plus, au cours de l’une des trois dernières années fiscales[36].
Il n’existe pas de statistique ni de décompte officiel du gouvernement britannique concernant les milliardaires. HMRC et le National Audit Office ont tous deux confirmé que la législation fiscale britannique exige la déclaration des revenus et des événements imposables, et non de la valeur nette totale d’un individu[37]. Cet écart de données reconnu rend impossible la quantification des flux migratoires de milliardaires à partir des données gouvernementales.
Le niveau de confiance accordé aux données utilisées est évalué selon leur caractère officiel et la transparence méthodologique. Un niveau « Confiance élevée » est attribué aux statistiques officielles publiées par des organismes principaux tels que l’Office for National Statistics et HMRC lorsqu’elles sont accompagnées de rapports détaillés d’information sur la qualité et la méthodologie[35]. Un niveau « Confiance moyenne » est attribué aux statistiques officielles comportant des limites connues, telles que les données provisoires[35].
Principales conclusions
- L’abolition du statut fiscal des personnes non domiciliées au Royaume-Uni en avril 2025 marque le changement le plus important depuis des décennies, incitant les personnes fortunées à réévaluer leur résidence fiscale et la structuration de leur patrimoine.
- Le patrimoine quittant le Royaume-Uni se concentre vers trois destinations stratégiques : les centres d’optimisation fiscale tels que les Émirats arabes unis, les options de relocalisation dans l’UE et les juridictions offrant une mobilité internationale grâce à la citoyenneté par investissement.
- Alors que les juridictions sans impôt attirent l’attention par leur simplicité, les pays de l’UE rivalisent de plus en plus au moyen de régimes d’impôt à taux unique prévisibles qui associent avantages fiscaux, cadre de vie et liberté de circulation au sein du bloc.
- Les nouveaux cadres de l’OCDE et de l’UE — notamment le cadre de déclaration des crypto-actifs et l’autorité de surveillance AMLA — créent un environnement de transparence uniforme qui limite l’arbitrage et exige une planification de relocalisation plus sophistiquée et conforme.
- Les conseillers en gestion de patrimoine doivent évoluer : il ne s’agit plus de promouvoir des produits de visa, mais d’orchestrer des stratégies de relocalisation fiscale à long terme, en accompagnant les clients dans les transitions fiscales, la planification successorale et la conformité multijuridictionnelle sur un horizon de 10 ans.
Sources du rapport analytique
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Source : les modifications apportées à la fiscalité des personnes non domiciliées au Royaume-Uni sont détaillées sur le site officiel du gouvernement britannique.
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Source : la réforme de la fiscalité des personnes non domiciliées au Royaume-Uni est publiée sur le site officiel du gouvernement britannique.
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Source : le rapport complet Reforming the taxation of non-UK domiciled individuals est disponible sous forme de PDF sur le site du gouvernement britannique.
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Source : les données sur les résidents non-doms et les réformes fiscales sont abordées dans le rapport de Bloomberg.
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Source : les données relatives à la migration internationale à long terme sont disponibles sur le site de l’Office for National Statistics.
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Source : la fermeture de la voie du visa investisseur de niveau 1 (Tier 1 Investor Visa) est annoncée sur le site du gouvernement britannique.
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Source : les évolutions récentes sur la fiscalité des non-domiciliés sont présentées dans la note d’information de recherche du Parlement britannique.
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Source : l’OCDE fournit des informations sur la transparence fiscale et la coopération internationale.
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Source : le Conseil de l’UE a adopté un paquet de règles relatives à la lutte contre le blanchiment d’argent, publié sur le site du Conseil de l’Union européenne.
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Source : PwC détaille les règles de l’impôt sur le revenu des personnes physiques aux Émirats arabes unis.
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Source : l’Autorité indépendante grecque des recettes publiques présente les incitations fiscales destinées à attirer de nouveaux résidents fiscaux (PDF).
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Source : le profil de Monaco est publié sur le site officiel du GAFI.
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Source : les informations sur les procédures de résidence et d’installation sont disponibles sur le site officiel de la Mission de Monaco auprès des Nations Unies.
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Source : la structure du système fiscal suisse est détaillée dans le PDF de l’Administration fédérale des contributions.
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Source : PwC fournit des détails sur les autres impôts des personnes physiques aux Émirats arabes unis.
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Source : le groupe IBR propose un guide complet de la fiscalité aux Émirats arabes unis en 2025.
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Source : les coordonnées de la Direction des Services Fiscaux sont répertoriées sur Monaco1.
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Source : les détails des accords fiscaux internationaux de Monaco sont publiés sur le site officiel du gouvernement princier de Monaco.
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Source : l’OCDE fournit des informations sur les conventions fiscales internationales.
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Source : PwC explique le système d’imposition forfaitaire en Suisse (PDF).
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Source : le régime fiscal spécial pour les nouveaux résidents en Italie est décrit sur le portail Investor Visa for Italy.
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Source : les informations concernant la citoyenneté par investissement d’Antigua-et-Barbuda sont disponibles sur le site officiel de la CIP.
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Source : la publication du gouvernement britannique sur les changements fiscaux pour les personnes non domiciliées présente les grandes réformes.
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Source : le rapport PDF du budget du printemps 2024 (HC 560) fournit des détails sur les évolutions de la politique fiscale britannique.
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Source : le guide pour enregistrer une entité étrangère et ses bénéficiaires effectifs est disponible sur GOV.UK.
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Source : les commentaires statistiques sur les contribuables non domiciliés sont disponibles sur le site du gouvernement britannique.
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Source : GOV.UK fournit un guide sur les règles du domicile réputé.
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Source : la liste des juridictions sous surveillance accrue publiée par le GAFI (juin 2025) met en évidence les pays à haut risque.
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Source : le profil établi par le GAFI pour les Émirats arabes unis présente les mesures de conformité du pays.
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Source : la mise à jour du GAFI sur les juridictions sous surveillance accrue (février 2025) détaille les pays nouvellement évalués.
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Source : le règlement (UE) 2024/1620 est disponible en anglais sur la base de données EUR-Lex.
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Source : le recueil de statistiques migratoires du gouvernement britannique fournit des données officielles sur les migrations.
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Source : le PDF du Finance Act 2025 est disponible sur legislation.gov.uk.
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Source : le rapport sur la qualité des statistiques relatives aux contribuables non domiciliés est publié sur le site du gouvernement britannique.
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Source : le rapport du National Audit Office (NAO) britannique Collecting the right tax from wealthy individuals (PDF) évalue la conformité des contribuables fortunés.
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Source : le rapport complet du NAO sur la collecte du juste impôt auprès des personnes fortunées est disponible sur le site du NAO.
À propos des auteurs

Relu par Vladlena Baranova
Responsable du département juridique et de la conformité LCB-FT, CAMS, IMCM
